jeudi 20 décembre 2012

11h11, Dernier billet de blog sur terre ?

Après Lars Von Trier et dans une certaine mesure Terrence Malick, Abel Ferrara nous livre sa vision de la fin du monde avec 4h44 Dernier jour sur terre. C'est une vision sereine, secouée de spasmes à la beauté lumineuse.

Le réalisateur nous montre et nous explique les dernières choses à faire avant de mourir à travers son alter-ego Cisco (Willem Dafoe, forcemment extraordinaire) et Skye, sa compagne (celle du réalisateur, Shanyn Leigh, aperçue dans Go-go tales, au jeu précis et à la beauté entêtante), couple d'artistes new-yorkais de-facto retranchés dans leur loft et assailli d'images du monde.


Le rythme est lent, contemplatif, en réaction aux blockbusters épileptiques. Il n'y a pas de compte à rebours : 4h44 suffit, une heure redondante en un multiple de 11. Une fin du monde new-yorkaise, rafinée, éprouvée, brutale ou solitaire par moment, chaudement communautaire à d'autres.

Le film cultive les chocs, les antagonismes. Dans sa philosophie, une tentation de rédemption est mise en balance avec la folie du monde ou les fautes irréparables du passé (la conversation avec l'ex-femme comme point de départ à un délitement est d'une subtilité et d'une force rare).

4h44 peut être simplement classique (en tout cas du point de vue de l'oeuvre de Ferrara), avec sa scène du dernier fixe d'héroïne ou ses rencontres sur les toits, mais également ultra-moderne avec une présence permanente des images. On y retrouve par exemple, la dialectique de Skype, où l'on raccroche au nez littéralement en fermant l'écran sur les visages comme dans Twixt  de Francis Ford Coppola, un geste qu'on imagine symbolique pour ces deux cinéastes.

Voir ce film en ces temps de fin du monde annoncée est comme un refuge serein pour chaque spectateur de cinéma pour qui "la fin d'un film, c'est la fin du monde"*.

*Phrase d'Abel Ferrara dans cette belle interview bien foutraque publiée dans Le Monde du 18 Décembre 2012.

mardi 18 décembre 2012

"Dites-le avec des feux", un article sur l'automobile que j'aurai aimé écrire...

La presse généraliste écrit peu d'articles de fond sur le design automobile. En voici un particulièrement éclairant (heu...) sur les feux et autres lumignons en tout genres dont se parent les voitures actuelles, pour séduire le chaland ou souligner une identité de marque. Ou quand la signature prends le pas sur les formes.

A lire, ne serai-ce que pour découvrir des problématiques automobiles un peu plus intéressantes que celles des brèves de comptoir :

http://www.lemonde.fr/style/article/2012/11/22/dites-le-avec-des-phares_1794624_1575563.html


jeudi 6 décembre 2012

Izia...

Izia joue avec elle-même, ses musiciens et le public ce soir au Trianon, et pour encore deux soirs avec une présence scénique rare.
En résumé, à la sortie, ça donne :

Izia danse,
Izia chante,
Izia déchante,
Izia déjantée,
Izia en verve,
Izia énerve,
Izia gratte,
Izia tambourine,
Izia a la voix grave,
Izia maitrise ses montées dans les aigus,
Izia a des passages à la Dee Dee Bridgewater,
Izia est belle,
Izia est la copine au franc parler qu'on aurait tous (ou presque) aimé avoir au lycée,
Izia a de la lumière dans son sourire,
Izia est rock,
Izia est pop (surtout derrière son piano pour sa si réussie "bastard song"),
Izia a de chouettes musiciens (du trio à cordes jusqu'à Seb, son petit copain gratteux talentueux),

Curieux et enthousiastes de natures, courrez-y !
Critiques et teigneux, passez votre chemin.

lundi 3 décembre 2012

De la prise d'otage au cinéma

Camera portée et violences contre menaces et suspens rétro : avec des fortunes diverses et des contextes différents, Operacion E et Argo revisitent le mécanisme de la prise d'otage et ce que l'on peux en faire au cinéma.

Avec une mise en scène discrète associés à des procédés déjà vus pour le premier et des fulgurances de mises en abymes pour le second, les deux films se dirigent vers un même but : exposer en quoi les grands mouvements politiques détruisent les individus et s'insinuent au coeur de leur vie la plus intime.

Operacion E, coproduction franco-hispano-colombienne, prends le point-de-vue risqué d'une famille, là où Argo, film américain, multiplie les individualités.
Forcement, la famille paysanne de la jungle colombienne nous est moins proches en tant que spectateurs occidentaux que les fonctionnaires de l'ambassade des Etats-Unies ou le sempiternel "jeune analyste de la CIA" campé par Ben Affleck lui-même (par ailleurs brillant réalisateur du film).

Et pourtant, Luis Tosar, acteur espagnol assez méconnu en France mérite le détour pour son rôle du paysan colombien José Crisanto, dépassé par les évènements dans Operacion E. Sorte de Roberto Benigni à la sud-américaine, les gimmicks répétitifs en moins, son personnage et sa description méritent à eux seuls la vision du film.
Affublé d'une barbe, d'une nuée de marmots et d'une épouse nymphette qui détonne (ou pas) dans cette description se voulant authentique, le personnage part lourdement pénalisé. Comme un pacte du réalisateur avec les spectateurs, les premières images du film lui sont consacrées. On suivra alors jusqu'au bout de personnage pourtant particulièrement antipathique.


Pleutre, malhonnête et mauvais beau parleur, ce dessinateur talentueux, esclavagisé dans la culture de Coca par l'avancée des FARC se verra remettre un bébé à protéger par ses derniers. Il n'aura alors de cesse de jouer sur tout les tableaux pour éviter la paupérisation menaçant sa famille. Explorant (et nous révélant par la même occasion), la désorganisation du pays, les conflits internes au sein même des FARC, l'influence mafieuse ainsi que la solitude des paysans.
De guerre lasse, il confiera le bébé à l'hopital public qui en plus de le soigner, le gardera à l'assistance publique. Le dernier tiers du film le voit perdre famille, maison et travail alors qu'il est sommé par les FARC de retrouver le bébé. Le personnage se révèle alors déchirant, coincé dans des mécanismes kafkaïens qui se referment autour de lui.

Outre le jeu très travaillé de Luis Tosar, la lumière évolutive de Yosu Inchaustegui sur la jungle puis la capitale colombienne donne vraiment une impression de voyage en terres lointaines et inconnues (même pour ceux y ayant déjà été).

En opposition à ce film frontal, entièrement au premier degré de la lutte de son héros sorti presque sans publicité à l'exception de la projection fixe de son affiche 20" à l'écran trois semaines avant sa sortie, se trouve le très médiatique Argo, sorti le mois dernier, à grands renforts de placards publicitaires.

Le film de Ben Affleck n'est cependant pas un film "mainstream" comme les autres. "Machine à gagner des oscars (...) mais plus que ça"(dixit Jacky Goldberg dans les Inrocks), le film de la célèbre belle gueule hollywoodienne confirme sa maturité par une belle parabole sur le cinéma qui parcourt son film.
Les américains de l'ambassade et les agents secrets sont les gentils, mais pas que, là où les iraniens sont de vilains barbus, mais pas seulement.
En 5' de séquence introductive matinée d'images d'archives, Ben Affleck parvient à nous faire comprendre la complexité de l'histoire de l'Iran des cinquantes dernières années là où Marjane Satrapi dans Persépolis ne nous en faisait conserver que l'impact humain (ô combien important) mais moins les faits.


Cette compréhension nous permet d'entériner, voir de partager la haine des iraniens de l'époque envers les américains en expliquant leurs comportements au regard de la situation.
La libération des otages de l'ambassade américaine de 1979 était déjà une histoire de cinéma en elle-même (utiliser le prétexte du tournage d'un faux film pour évacuer de vrais otages) et à part quelques libertés avec l'histoire (dixit un des otages libérés), le film se veut rigoureux et même amoureux dans sa reconstitution, non sans rappeler la nostalgie à l'oeuvre dans Super 8 de J. J. Abrams.
Outre des personnages bien campés et marquant l'imaginaire (en tête, John Goodman et Alan Arkin en happy-few hollywoodiens attachants), et un suspens ne reculant devant rien (même le ridicule), le film de Ben Affleck se clot par une scène magistrale montrant que le récit, l'histoire, véhiculés par les rêves de cinéma  a le pouvoir de rassembler des gens que tout oppose aussi sûrement qu'il permet aux personnes de se dépasser.

Voici donc deux films qui montrent, chacun à sa manière, que même dans un contexte impossible, on peux surmonter la mort, deux films salutaires pour une fin d'année 2012 bien mouvementée.

Une interview de Ben Affleck au sujet d'Argo :
http://www.lyricis.fr/cinema-serie-tv/argo-un-interview-de-ben-affleck-et-4-extraits-en-vost-74885/

Combats du cinéma français

Voici deux studieux premiers films français aux moyens adaptés à leurs propos : Populaire de Régis Roinsard et Rengaine de Rachid Djaïdani.

Deux transfuges, un réalisateur de publicité, Régis Roinsard et un écrivain aux multiples talents, Rachid Djaïdani, s'appliquent à nous montrer deux univers peu vu au cinéma et que tout oppose.

Aux images léchées et à l'intrigue à priori sans aspérités (un concours de dactylo dans les années 1950) de Populaire répondent les images heurtées et les conflits sociaux indépassables d'un "Roméo & Juliette" urbain (la tentative de traque d'une fille par ses frères opposés à son mariage avec un garçon) de Rengaine.

Ayant sûrement du mal à rassembler les mêmes publics, les deux films montrent pourtant deux facettes du cinéma français actuel pour une même idée sous-jacente à défendre : la liberté d'aimer et de se réaliser aux delà des convenances sociales. Et aux séances complètes du samedi soir aux Halles, les deux films ont été applaudis par des spectateurs enthousiastes, voyons pourquoi.

Aisance de l'image chez Régis Roinsard, du verbe chez Rachid Djaïdani, il y a comme une poétique propre chez  chacun. On sent dans Populaire, les recherches visuelles d'archives, les emprunts (les coiffures des films d'Alfred Hitchcock ou les filtres chez Jean-Luc Godard), l'intelligence du réseau de citation (les couleurs de Jacques Demy, la présence fantomatique d'Audrey Hepburn et de Grace Kelly).
Populaire et son kaleidoscope d'images des fifties, Rose Pamphile (comme un certain cordonnier... interprété avec beaucoup de ressources par Déborah François). image : unifrance.org

http://medias.unifrance.org/medias/159/75/84895/format_page/populaire-romain-duris-deborah-francois.jpg
Dans Rengaine, la question de l'image semble plus vite "réglée", toute l'intelligence visuelle du film est dans le montage et à part quelques moment de grâce, l'image est héritière du Dogme95  toujours en mouvement, sale et à décrypter. Elle se vole et se dérobe à notre regard, quand elle ne donne pas la nausée par ses saccades. A l'opposé, la beauté des dialogues du film (gageure d'une scène d'introduction d'un personnage principal avec des vers de Corneille) et la magie des échanges énergiques, tirés du quotidien et lentement recueillis (9 ans de tournage et d'impro filmées) donnent à elles seules son unité au film de Rachid Djaïdani.

Des ennemis ? Il y en as à foison dans ces deux films. Ils sont humain et trouvent leur droit de réponse dans le cinéma. Ces ennemis pourraient être stigmatisés, il s'agit du poids des convenances dans Populaire  et du racisme ordinaire dans Rengaine.
Pourtant, ces deux films vont plus loin et exploitent le hors-champs pour Populaire  et le non-dit pour Rengaine.
L'amour menacé entre Sabrina (Sabrina Hamida, lumineuse dans ce premier rôle) et Stéphane (Stéphane Soo Mongo, acteur protéiforme et omniprésent, autant aperçu chez Peter Brook que dans Le ciel, les oiseaux et...ta mère. Image : La Ferme du buisson)
Les remords du personnage de Louis Echard (Ses échardes ? Romain Duris dans une composition inhabituelle et précise au millimètre) ne sont pas tout de suite perceptible tant son personnage d'assureur/coach est lisse dans Populaire. Le racisme et la difficulté face à la création artistique, (fut-elle foisonnante), ne trouve que lentement son chemin dans le discours de Rengaine.

Avec leurs objectifs simples, donner à voir de l'invisible (passé ou actuel), leur réussite sans partage (Populaire avec sa reconstitution d'une intelligence folle et Rengaine avec son patient travail d'assemblage de puzzle) et malgré la complexité de leur élaboration (Montage financier d'équilibriste pour Populaire et partenariats motivés au long court pour Rengaine), ces deux films laissent le spectateur dans une sorte d'euphorie et de fascination face à toute la vie qu'il vient de voir sur grand écran, retrouvant ainsi quelques unes des joies cinéphiles les plus magnifiquement basiques.

Quelques mots sur Populaire, ici :

http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/on-a-trouve-du-hitchcock-dans-populaire/

Sur Rengaine, la fiche de la Quinzaine des réalisateurs :

http://www.quinzaine-realisateurs.com/rengaine-f14324.html

Et le premier film de Rachid Djaïdani, Sur ma ligne :

http://vimeo.com/8293581

Le film est un documentaire sur l'élaboration de son second roman "Mon nerf" :

http://www.amazon.fr/Mon-nerf-Rachid-Djaïdani/dp/2020630850

samedi 1 décembre 2012

The Black and White Keys

Deux groupes, deux jours, deux villes, deux pays... : une même énergie par des moyens différents :

Jeudi "The Hives" à Paris et Vendredi "The Black Keys" à Lyon.


"White" les Hives ? Un peu, avec leur image de dandys anglais et leur fausse innocence suédoise, ils rappellent à chaque instants qu'ils sont là pour la déconnade option mise en scène et manipulation du public ultra millimétrée. Retrouver l'ambiance présumée des concerts de rock anglais des années 1960 est leur crédo. Le chanteur Pelle Almqvist en fait des caisses questions ego ("I'm an asshole, say it !") en faisant tourner le micro sans faire tomber le haut-de-forme de son guitariste de frère, Nicholaus, déjà déchainé, un deuxième guitariste à ses côtés en plus du bassiste. 

C'est comme ça chez les Hives, c'est le côté "White", lisse, musicalement lisible et ciselés de leur délires anglo-saxons : il peut y avoir quatre guitares en même temps, pour un son à la fois mélodique et saturé assenant des riffs efficaces.
Le batteur ultra-carré joue tout en régularité et en discretion (ou de Destruction, Matt Destruction).
Le set dure 1h40, rappels compris, mais le public est exténué, a sauté sur place, a pogoté, a perdu des points d'audition en suivant les harangues de Mr Pelle.


"Black" Keys ? Of course, les américains de l'Ohio ont bien plus de choses a raconter que leurs homologues suédois. Formation plus réduite (à la base : un batteur, Patrick Carney, et un guitariste, Dan Auerbach), jeux de scène plus simples. Les Black Keys mettent leur musique en avant, jouent énormément sur les choeurs, la tessiture étrange du chanteur qui tire parfois vers le plus aigus (là où Mr Pelle tire sur le grave, option rauque, rock).

Les paroles sont plus personnelles, l'amour du vintage plus contemplatif. On ne remet pas en scène les guitares à résonateur ou Hammond Harmony, on s'en sert (avec moult effets, il est vrai pour obtenir un son plus brut : http://www.muzicosphere.fr/le-rig-de-dan-auerbach-black-keys/ ). L'euphorie pogotante est à son comble dans la salle avec seulement un subtil enchainement de morceaux, peu de discours. Le concert se termine dans un brouillard sonore une heure et demi après son ses premiers accords, laissant un public comblé sous un panneau lumineux dont les ampoules à incandescences forment le nom du groupe.

Petite mention à la beauté de la Halle Tony Garnier de Lyon, sorte de Halle de la Vilette XXL, avec facade art-déco, parfait écrin pour les notes noires...

mercredi 28 novembre 2012

Nearly 50 and counting...

Quelques mots sur Scorpions, le groupe de Hard rock allemand le plus connu du monde, qui s'en va discrètement sur la pointe des pieds en terminant sa tournée d'adieu (une de ses nombreuses...) par quelques dates en province, puis en Allemagne.

Quel plaisir de les voir arriver sur scène avec de l'énergie à revendre et sans une once d'agressivité. Les sourires de Rudolf Schenker, le guitariste virtuose fondateur et de son accolyte Matthias Jabs tranchent d'emblée avec ces groupes qui se réunissent pour l'intéret. Ici, le plaisir de jouer sur scène est rapidement communicatif. 
Mais c'est quand le "lutin à la voix d'or", Klaus Meine commence à chanter que l'on comprends instantanément l’alchimie de cet improbable groupe fondé à Hanovre en 1965. Sa voix qui s'étends sur quatre octaves et son fort accent allemand termine de nous rapprocher de ce groupe sachant si habilement méler violence du rock et instants mélodiques suspendus dans les accords métalliques de leurs doux slows ou les envolées de leurs solos dans des morceaux plus pêchus. 
Scorpions est un grand groupe de rock, certes  mais aussi, comme nous, des européens qui regardent vers les Etats-Unies et y voient un horizon musical universel et adaptable à l'envi, comme dans leur belle ballade "Wind of change", taillé dans le béton du mur de Berlin qui se fissurait il y a bientôt 25 ans.
La folie du batteur américain James Kottak, étrange croisement entre Rutger Hauer, période The Hitcher et Klaus Kinski dans Aguirre, vient rehausser l'ensemble d'un grand barnum rigolo, où le public s'affronte pour faire le plus de bruit possible, "Rock 'n roll forever" tatoué dans son dos...

Scorpions forever !

vendredi 23 novembre 2012

Movieclips, une chaîne Youtube pédagogue du cinéma

Encore une petite start-up maline californienne avec un concept truculent et de bonnes relations pour le faire fonctionner...

Le principe est simple : Classer thématiquement des extraits de films de la Universal Studios, 20th Century Fox, MGM, Paramount Pictures, Warner Bros., Sony Pictures Entertainment
et permettre une navigation par type de scène, par acteurs, par réalisateurs, par décade, etc...

Alors, non, ce n'est pas nouveau (leur site date de 2009 et leur chaîne Youtube de 2011), et ce n'est pas non plus exhaustif (Hollywood oblige), mais la chaîne exploite complètement les capacités interactives de Youtube et se révèlera être d'une grande aide si vous étudiez la composition technique et dramaturgique des scènes de cinéma.

http://www.youtube.com/movieclips

mardi 20 novembre 2012

T'as de beaux restes, tu sais...

Prévert, Carné, Gabin, Morgan, Simon et un Havre embrumé, que de noms et de connotations viennent en tête pour écrire sur Quai des brumes.
Pourtant, en le revoyant aujourd'hui, 74 ans après sa sortie controversée, le film brise son carcan mythique et vient faire à nouveau éclater son dynamisme sur grand écran avec cette copie numérique cristalline et ce montage sans coupes honteuses.

"Dynamisme", quel étrange mot pour ce film dépressif, où chaque personnage a sa tragédie personnelle à trainer ("politique du chien crevé au fil de l'eau" écrivit à l'époque Georges Sadoul dans l'Humanité), où Jacques Prévert adaptant Pierre Mac Orlan colle dans la bouche de ces acteurs si bien choisis par Marcel Carné des mots ciselés et percutants.

"Dynamisme" et non pas "jeunesse" du film de Marcel Carné, alors qu'il en est question à chaque ressortie d'un film marquant ainsi que dans le parcours de ce film précisément, interdit aux moins de 16 ans et amputé du mot "déserteur" qui concernait alors beaucoup la jeunesse française qui allait sous peu être appelée sous les drapeaux.

"Jeunesse" recréé également comme Le Havre, pas encore détruite, mais déjà reconstruite et comme les 17 ans de Michèle Morgan qui en as alors 28 et les 34 de Jean Gabin...

Pourquoi alors défendre le dynamisme du film de Carné ? D'abord au niveau de l'image, cette restauration donne à voir un sens aigu de la lumière (intelligemment changeante sur les visages au cours d'un même plan) et des mouvements de caméra, chez un cinéaste réputé pour ses films parfois "verbeux" et statiques. Au son, la musique entêtante et expressive d'Hervé Jaubert (compositeur cher à François Truffaut) et les bruits du port, du bord de mer.
Enfin, la mise en scène et la direction d'acteur de Marcel Carné sont réellement complémentaires avec les personnages à tel point que l'intrication des trois donne une galerie digne d'une part de la comédie humaine de Balzac, des personnages archétypaux, certes, mais dont on emporte une part avec soi après le film.

samedi 27 octobre 2012

Starring Anthony Hopkins as... Alfred Hitchcock

Le comédien britannique Anthony Hopkins jouera le réalisateur britannique dans un film du lui-même très britannique Sacha Gervasi.
Connaissant la méticulosité des reconstitutions de nos voisins d'outre-Manche, celà pourrai suffire à rendre intéressant ce biopic sur la fabrication d'un des plus grands films du maitre du suspens : "Psychose".

Le film sortira le 13 Février prochain en France avec Scarlet Johansson dans le rôle de Janet Leigh et Jessica Biel jouant Vera Miles. Jouer un réalisateur n'était déjà pas évident, jouer une actrice qui joue un personnage doit l'être encore moins...

La bande annonce est par ici (la presse s'est déjà étonnée de la qualité des maquillages rendant Anthony Hopkins méconnaissable...) :


Et en attendant, on peux aussi revoir le brillant premier long-métrage de Sacha Gervasi Anvil, un documentaire malin sur le groupe éponyme de Métal canadien inventeurs du Speed métal, par ici les images :


                                     

mercredi 10 octobre 2012

Un allié relate mes propos

Sur son blog, Sidy Sakho (journaliste indépendant et ancien redac'chef d'un site sur le cinéma) collecte avec un beau doigté sensible les témoignages de ceux qui pratique la critique cinéma sur Internet.
Que les participants soient des auteurs chevronnés, parfois célèbres, ou de simples amoureux de cinéma, chaque interview révèle un pan de cette activité protéiforme qu'est l'écriture au sujet des films.
Le Tom Cruise en suspension du Mission:impossible  de Brian de Palma : tout un programme en toile de fond sur  http://ceciditaubasmot.blogspot.fr/
N'ayant pu résister aux sirènes de son auteur, je m'y révèle un peu moi-même ici :
http://ceciditaubasmot.blogspot.fr/2012/10/parole-dallie-georges-coste-ecrire-sur.html

lundi 8 octobre 2012

Un très beau blog québécois



Où l'auteur (un autre Georges...) écrit avec autant de passion et de précision sur 2001, Roman Polanski ou Denys Arcand...

A parcourir pour ses passages sur Chris Marker (forcement) avec une superbe critique de La Jetée mais aussi et surtout pour sa compilation de critiques cinglantes d'un réalisateur à l'autre :


http://www.la-jetee.com/2012/05/quand-les-cineastes-se-critiquent-entre.html
http://www.la-jetee.com/2012/05/quand-les-cineastes-se-critiquent-entre_22.html

mercredi 3 octobre 2012

Stallone fait du "bio"


Que de monde dans le dernier film de Simon West !... Il y a peut-être dans Expendables 2 moins d'explosions (un peu) que dans le premier, mais comment bouder son plaisir cinéphile de revoir cette bande de terrassier/démolisseurs de l'intellect et du paysage cinématographique ?
Ce même plaisir qui pousse à aller aux séances de cinéma bis ou à L'Etrange Festival au Forum des Images est ici passablement contrarié par les visées du réalisateur de faire d'Expendables 2 un véritable film.
Les coutures pour faire tenir ce festival d'égo et de mauvais jeu d'acteur dans un seul film cohérent est le premier soucis du réalisateur. On l'imagine bien en chef de colo face à une bande de sales gosses.
L'ensemble est touchant au final, comme le premier opus. Conservateur certe, le film n'est pas dénué de discours et même d'un supplément d'âme, maladroit parfois (le film est affreusement misogyne, et ce malgré une action girl asiatique particulièrement efficace interprétée par Yu Nan).
Un discours, une méthode, des gimmicks, la tentative un peu orpheline de Stallone s'est transformé en série, une sorte de James Bond testostérone dont on attends désormais le prochain épisode et la resurrection d'autres fantômes des films d'action des décennies passées faisant le show sans ordinateurs, ni fonds verts... Est- ce de l'action bio ?

Orson et ses femmes...

Étrange coïncidence que la ressortie quasiment simultanée par deux distributeurs différents de deux films successifs d'Orson Welles aux thèmes proches : Le Criminel (1946) et La Dame de Shanghaï (1948).
Définir le genre de ces deux films est complexe, comme la personnalité et l'implication de leur gigantesque auteur/réalisateur/acteur principal. Le cumul pourrait donner pour Le Criminel : Mélodrame psychologique d'espionnage. Tout autre auteur qu'Orson Welles aurait bien du mal à tenir le cap d'un tel genre.
Malgré quelques facilités de dialogue et quelques gimmick de jeu du-dit Orson (récurrence du froncement de sourcils jusqu'au milieu du front et air mi-hébété, mi-inquiétant), le film est impressionnant par ses prouesses techniques, la fluidité de ses mouvements de caméra et l'intelligence de son cadre (ou de ses décadrages).
Les lieux sont dépeint de tels sortent qu'en dessiner le plan devient simple, lisibles et pour certains, rassurants. D'autres, plus anxiogènes sont volontairement laissé dans le trouble.
C'est presque une lapalissade mais même dans ce film moins flamboyant du maître, les plans-séquences  sont d'une beauté et d'une précision rare (et le film est sorti en 1946).
Enfin, côté acteur et personnages, Edward G. Robinson est employé à contre-courant, en justicier, Loretta Young joue presque un second rôle là où que les véritables seconds roles (juge, epicier joueur de dames) sont mis en avant avec de véritables "profils psychologiques" détaillés.

A part quelques longueurs, Le Criminel est une plongée dans l'univers inquiétant de Welles, pour initiés certes (lui préférer Citizen Kane ou La Soif du mal  pour faire découvrir le maître) mais bourré d'intelligence et de trouvailles d'une simplicité absolue.

P.S. : La Dame de Shanghaï, film qui consacre de manière flamboyante la séparation d'Orson Welles avec son épouse d'alors Rita Hayworth est difficile à résumer en un billet de blog. L'obsession et la névrose développée pour cette femme rejoint celle d'un H.G. Clouzot pour les siennes. Aussi, le langage purement cinématographique du film incite, plus que jamais à le voir d'abord et de préférence sur grand écran.

vendredi 17 août 2012

Le subtil été SF d'une nouvelle de Philip K. Dick

"Condensé d'action aseptisé" (TF1.fr), "Sans âme" (Marianne, Critikat, Les fiches du cinéma), le film de Len Wiseman Total Recall - mémoires programmées  sorti cette semaine souffre beaucoup dans la critique française.
Serai-ce à cause de son statut de blockbuster de l'été ou de son statut intertextuel flou oscillant entre remake du film éponyme de Paul Verhoeven de 1990 et ré-adaptation de la nouvelle "Souvenirs à vendre" (We Can Remember It for You Wholesale) de 1966 par l'immense Philip K. Dick.
Sûrement un peu des deux : Roger Ebert (Célèbre critique américain au Chicago Sun) se pose la question centrale de la nécessité du film, question un peu vaine qui parcourt de nombreuses autres critiques du film.

Le film n'est pas tant nécessaire que parlant sur la société d'aujourd'hui et ses aspirations. Il titille aussi une question de cinéma récurrente : "Qu'est-ce qu'un remake ?"


Là où le film de Paul Verhoeven s'aggripait aux thèmes forts chers à son auteur (le sexe, la dualité du désir, la force tournée en ridicule), Len Wiseman signe un film effectivement bien plus neutre. .
Le réalisateur crée deux monde antagonistes, comme deux visions d'un futur possible pour le présent de nos société occidentalisées (un peu comme les deux premiers dessins de Robert Crumb ici, le troisième étant également présent pour quelques scènes dans le film) : La Nouvelle Grande Bretagne et la Colonie (figuré justement par l'Australie, ancienne colonie de l'empire britannique...).
Len Wiseman accumule alors avec bonheur les références aux deux poids-lourds de l'adaptation de Phillip K. Dick que sont Minority Report (Steven Spielberg, 2002) pour la Nouvelle Grande-Bretagne et Blade Runner (Ridley Scott, 1982) pour la Colonie.
Dans ce rebattage des cartes esthétiques, Le Londres géant (clins d'oeil à St-Paul et à Big Ben) a de faux airs de nouveau-monde et est tourné à Toronto au Canada. L'Australie, tourné au même endroit ressemble au Los Angeles du Blade Runner de Ridley Scott, lui-même inspiré d'Osaka, Tokyo et Hong-Kong qu'il a visité à la fin des années 1970.

D'un côté, un monde asseptisé et froid, une corporation gigantesque du tertiaire. De l'autre, une création prolétarienne cauchemardesque, fabriquant sans rouspéter (au début) les biens et richesses de la ville que sont... les policiers robots qui, justement les asservissent (excellente vision de Patrick Tatopoulos)
Un ascenceur passant par le centre de la terre relie les deux mondes pour des ouvriers faisant le trajet quotidiennement, rappelant la configuration de Metropolis (Fritz Lang 1927).
L'originalité et la modernité de cette vue du futur tient plus, à mon sens, dans la Colonie que dans le nouveau Londres, très (trop peut-être) fidèle à la vision de Steven Spielberg.
La Colonie nous montre une architecture rarement vue au cinéma, très proche de certaines idées de groupes de recherches en urbanisme pour résoudre les problèmes de surpopulation. (l'idée d'enchevetrer des blocs identiques est courantes dans les utopies de certains groupes de recherches architecturaux des années 1960).


En plus des néons, les hologrammes font leur apparition ainsi que les références coréennes au lieu des japonaises.
L'idée de bipolarité de ce monde fonctionne grâce à un univers à l'état intermédiaire qu'est le no-man's land post-apocalyptique entourant les deux premiers et traité un peu dans les mêmes tons qu'Avalon  de Mamoru Oshii.
Toutes ces références "Sci-fi" un peu geek prennent de l'ampleur grâce au gros budget du film qui leur donne une existence visuelle bien venue et nettement plus homogène que celle de son prédecesseur de 1990.
Mais justement, le film de Paul Verhoeven était plus clairement une adaptation, certes très libre, de la nouvelle de Philip K. Dick, la première après la mort de son auteur, qui plus est. Là où le réalisateur hollandais quittait la nouvelle de K. Dick après sa première demi-heure pour nous embarquer sur Mars, Len Wiseman signe un film certe plus proche des personnages de Philip K. Dick mais pas forcemment plus fidèle.
Difficile alors de décrire de quoi Total Recall - Mémoires programmées est la reprise : Du film de Verhoeven auquel il fait de nombreux clins d'oeils ou à la nouvelle dont la description de Quaid est bien plus fidèle.
La principale différence réside dans le traitement des personnages féminins : deux personnages interchangeable, toutes deux brunes alors qu'antagonistes dans le film de Wiseman; une blonde "réelle" et une brune fantasmée chez Verhoeven, une unique épouse, nettement moins vile dans la nouvelle de K. Dick.
D'une certaine manière, Wiseman réactive la misogynie Dickienne en mettant en scène sa propre épouse Kate Beckinsale dans un rôle de bad-girl particulièrement riche. Au-delà des scènes d'action, elle incarne la véritable méchante contrairement au rôle de "sidekick" de Sharon Stone dans le film de Verhoeven, mariée dans le film au véritable bad-guy de l'histoire. (d'où le désormais fameux "Considère ça comme un divorce" de Schwarzy...)
La découverte de l'épouse homicide par le héros, invention des scénaristes de la première version du film (ceux d'Alien, Dan O'Bannon et Ron Sushett), marque dans les deux, la dissociation avec la trame initiale de la nouvelle.
C'est dire l'importance accordée aux personnages féminins dans ces deux films qualifiés de cyber-punk ou geek, donc sexistes. Et si Total Recall était un film détourné sur l'adultère là où Total Recall - mémoires programmées était un film sur la survie du mariage, deux sujets qui semblent préoccuper leurs auteurs ?

Il en ressors de cette dernière mouture de la nouvelle de K. Dick un film de Science-Fiction honnète (ici, pas de prétentions autres que de fournir un bon divertissement esthétique de surcroit et bien porté par des comédiens à l'aise avec leurs personnages), plutôt malin mais sans être vraiment brillant (conclusion de Vincent Malausa, le Nouvel Obs (Par ici) très loin de la version de Paul Verhoeven.
Oubliable ? Sûrement, mais bourré d'idées.

N.B :
-Et après avoir laissé le rôle de Quaid à Colin Farell, notre ex-culturiste autrichien se tourne vers son passé d'action-man dès la semaine prochaine dans "Expendables 2". Les années 1990 ont définitivement de l'avenir...
-Télérama compare les deux Total Recall ici : http://www.telerama.fr/cinema/total-recall-le-match-du-remake-contre-l-original,85409.php
Tandis que cette vidéo rappellent quelques détails "cheesy" du film de Verhoeven : http://www.youtube.com/watch?v=haYg9NXkPW0

dimanche 5 août 2012

Rebelle, panne d'histoire et punch visuel

lexpress.fr
Le dernier film de Pixar, à l'instar d'ailleurs du tout dernier film de Christopher Nolan, était aussi attendu avec circonspection depuis la présentation des trentes premières minutes au Festival d'Annecy il y a deux mois.
Pourtant, l'histoire de cette princesse ressemble à s'y méprendre à Raiponce (2010, Disney).
Visuellement pourtant le film tient le rang Pixar avec de majestueux mouvements de caméra, des effets lumineux magnifiques et des rendus de matières témoignant de nombreuses heures de calcul et de recherches. De son côté, le scénario joue sur les attentes et commence de manière très classique avant de se réveler très astucieux.
Rebelle est donc un bon film d'animation avec la patte du studio (exit les craintes de normalisations quant au reste de la production mainstream américaine). Il ne semble cependant pas inoubliable, comme la plupart de ses prédécesseurs et sonne un peu comme un passage à vide.

N.B. : Après avoir vu le film en 2D, comme il a été conçu, je serai curieux de le revoir en 3D. Mais l'ambiance crépusculaire de son image permet malheureusement d'émettre de sérieux doutes quand à la qualité de sa projection selon les salles.

Dark Knight Rises ou la fin d'une époque

Esthétique labyrinthique, scénarios à tiroirs habités par des personnages à la psychologie bien ciselée, Christopher Nolan est un auteur qui semble se diriger vers un paroxysme perfectionniste à chaque nouveau film qu'il écrit ou réalise.
Aussi, ses fidèles attendent plusieurs années durant son nouvel opus et il va sans dire que ce dernier suscitait toutes les interrogations tant le précédent Batman (Dark Knight, 2008) semblait dépasser les limites du film d'action et de super-héros.
Pourtant, la comparaison serait maladroite. Sous prétexte qu'il s'agit d'une sorte de tragédie en trois actes, suivant une continuité et qu'il est tentant de comparer les deux méchants (Heath Ledger en Joker sera forcement indépassable puisque adoubé par le mythe de la mort de son acteur...), les deux films sont en eux-même des tragédies complètes. Aussi les renvoyer dos à dos reviendrait à comparer deux histoires bien différentes en réalité.
L'article d'Isabelle Reigner dans Le Monde du 24/07 souligne que le film "gagne en puissance et perds en étrangeté". Le constat est incomplet. La puissance (visuelle et dialectique) est typique des réalisations de Nolan, mais l'étrangeté, ici, se change en mystère. Comme toujours et bien dans la continuité des réalisations de son auteur, il y a ici une science du dévoilement (tellement criante par exemple dans Le Prestige, 2006, dont il s'agit de l'objet principal). Le scénario n'est pas tant original dans sa logique que bien rythmé dans la manière dont il distille les informations et joue avec les attentes du spectateur quant au devenir même du personnage de Batman, de son utilité et de son champs d'action. Les allusions subtiles aux autres épisodes et films de Nolan fusent...
Christian Bale & Christopher Nolan (Premiere.fr)
L'histoire étant sur des rails solides, reste le casting et la direction d'acteurs. Difficile de ne pas inscrire Tom Hardy, l'homme derrière le masque du méchant Bane au panthéon des plus inquiétants personnages de Batrman et par extension, du Hollywood actuel, grâce notamment à la "simple" prouesse de donner vie à un personnage aussi charismatique alors que plus de la moitié de son visage est masqué. Anne Hathaway est saisissante dans sa variation autour du personnage de Catwoman, se permettant le luxe d'apporter sa propres lecture du personnage déjà campé par Michèle Pfeiffer dans Batman, le Défi (1992, Tim Burton) reproduisant ainsi le tour de force de Heath Ledger en Joker réinterprétant Jack Nicholson dans le même rôle (Batman, 1989, film ô combien important pour Tim Burton).
L'intégration de notre Marion nationale se fait bien, même si une séquence est déjà abondamment parodiée sur Internet.
Christian Bale prends de l'âge mais conserve l'intelligence de son jeu, un peu comme un acteur de James Bond sur la fin (Pierce Brosnan vient plus à l'esprit que Roger Moore...).
Visuellement, le film est évidemment à couper le souffle et s'exprime particulièrement bien en 35mm tant son côté analogique ressort (les effets spéciaux numériques sont réduits au minimum et Nolan a lui-même indiqué sa préférence pour la pellicule alors que plusieurs scènes d'action sont tournées en IMAX).
La partition d'Hans Zimmer est plus astucieuse qu'il n'y parait, s'inspirant de chants primitifs pour dériver en grands saillies symphoniques.
Le film ferme une trilogie qui laissera sans problème l'amateur de Christopher Nolan dans l'attente de son prochain projet Man of Steel, dont l'auteur a écrit le scénario et laissé la réalisation à Zack Snyder, autre "cas complexe"  parmi les "faiseurs d'images" hollywoodiens de nos années 2010...

P.S. : Il est difficile d'écrire au sujet de ce film sans évoquer la fusillade d'Aurora. Mourir dans une salle de cinéma est une pensée qui agite tout cinéphile un brin obsessionnel mais sous le coup du désespoir d'autrui, cela dépasse l'imagination. Il est donc important de rappeler ici que le caractère crépusculaire du film de Nolan n'est, à mon sens, pas du genre à attirer ce genre d'acte de violence tant le propos se révèle optimiste. Le choix du film par le tueur se réduisant alors à un banal et tragique hasard de calendrier des sorties de l'été aux USA.

mardi 3 juillet 2012

A nos pères : Le Fou de Beaucourt


Qu’accumule t’on au cours d’une vie ? Cette question, le réalisateur Fabrice Marquat la partage avec son père Bernard. Le père y répond par une monumentale collection automobile, le fils y répond par un film : Le Fou de Beaucourt.

Source : http://www.film-documentaire.fr/

Il pourrait s’agir d’un reportage sur un collectionneur obsessionnel présentant son antre, ses pièces de choix, son histoire. Mais dès le premier dialogue, le portrait devient sensible, la musique entêtante. Les scènes d’animation ponctuant le film apportent une autre intelligibilité au discours. Ce vieil homme, face à la caméra, porte en lui le mystère de la filiation, ce subtile mélange de respect et de défiance qui caractérise le rapport entre un père devenu vieux et un fils dans la force de l’âge.




Comme dans une enquête policière, ou justement, dans une restauration d’automobile ancienne, les réponses, comme des pièces, s’assemblent. Au cours du film, deux propos s’élaborent, celui du fils (ses questions, ses confrontations) et celui du père (ses choix, ses fiertés, ses échecs).

Tel son père collectionnant les machines, Fabrice Marquat collectionne les instants, présents ou passés (Super 8, photos). Son père collectionne les outils ? Son fils, réalisateur, s’entoure d’un musicien hors pair, Albert Marcoeur, auteur de la musique du dernier film de Jean-Pierre Daroussin, Le Pressentiment en 2006, et d’une réalisatrice de cinéma d’animation, Valérie Pirson , repérée avec son film de fin d’étude des Arts Déco, Pistache par rien de moins que Michel Gondry avec qui elle travaille souvent désormais.
Grâce à cela, le film passe de la sphère de l’intime à une sorte de quête de sens qui s’universalise.
Les questions se pressent :
Comment l’automobile a t’il permis à cet homme de se construire mais également de mettre à l’abri ses rêves tout en gardant à distance sa vie de famille ?
Pourquoi justement collectionner l’automobile, cet objet tantôt vu comme fœtal, tantôt vu comme phallique ?
Mais le film est dédié « A nos pères ».  Il n’est donc pas tant question de machines que d’hommes. Aussi, tenter de percer les secrets de cet homme (tout en les sauvegardant) passe par des rencontres : son acolyte collectionneur, son épouse, ses petits enfants.
Bernard Marquat ne verra jamais le film, il décède d’un cancer peu après le tournage. La nécessité de ce film apparaît donc d’autant plus grande.

Le film Pistache de Valérie Pirson : http://www.dailymotion.com/video/x241ew_pistache_creation
Le site d'Albert Marcoeur : http://www.marcoeur.com/index_flash.htm
Le blog du précédent film de Fabrice Marquat, Yamana, retour en Patagoniehttp://www.yamana-patagonia.blogspot.fr/

mardi 26 juin 2012

Holy motors – « Parisian walkways »


Ecrire sur le dernier film de Leos Carax sans le trahir est une gageure. Le mieux est de demander de l’aide à un autre film :
"Paris dort et les parisiens rêvent (…) le destin pense à eux tout en rodant sa roue. (…) Il désigne ceux  qui seront de corvée de destin."
Voici presque un résumé du dernier film de Leos Carax. Ces mots ont plus de 60 ans et ouvrent Sous le ciel de Paris un film de 1951 de Julien Duvivier, célèbre pour sa chanson éponyme reprise par Edith Piaf et Yves Montand et dans lequel les personnages déambulent eux aussi à travers la capitale.
De l’inusable, de l’éternel, il en est question dans Holy motors qui décoche des questions philosophiques (« La beauté est-elle dans l’œil de celui qui la regarde ? », « Who are we ? »…) mais aussi s’attarde sur le dérisoire, la désuétude.
Sans se perdre, le film nous emmène vers le passé, le futur et se paye même le luxe d’être dans l’air du temps au point de répondre avec malice à la question récurrente d’un autre film de la 65è sélection cannoise, Cosmopolis de David Cronenberg : « Mais où donc vont les limousines la nuit ? ».
Source : Les films du Losange
Le parcours que suit Oscar (le personnage principal, joué par Denis Lavant et partageant l’anagramme de Leos Carax) est éminemment parisien mais se partage généreusement car il nous parle de cinéma, de la vie et aussi d’amour.
Aux trois hommes du films (Leos Carax, Denis Lavant, Michel Piccoli) pourraient répondre trois femmes : Caroline Champetier, pour sa lumière fabuleuse, Edith Scob pour un second rôle qui se rapprocherai plutôt d’un « second premier rôle » et Kylie Minogue dont décrire la participation serait gâcher le plaisir du spectateur.
S’il fallait comparer en musique justement, Holy motors est à Sous le ciel de Paris, ce que la reprise blues électrique de Gary Moore « Parisian Walkways » est à la chanson « Sous le ciel de Paris » chantée avec verve et musette par Edith Piaf. La musique est partout dans Holy Motors et Leos Carax se rapproche de Bertrand Bonello dans l’intelligence de ses choix mélomanes (on pense notamment à la finesse de la BO de l’Apollonide).
Prix de la jeunesse à Cannes cette année, Leos Carax réaliserait-il ici un nouveau premier film plus encore qu’un grand retour ?
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Gary Moore : "Parisian walkways" (avec paroles) : http://www.youtube.com/watch?v=zNclKR1iaXk&noredirect=1
L'ouverture de "Sous le ciel de Paris" par Julien Duvivier : http://www.youtube.com/watch?v=-d-LNsykCmw&feature=player_embedded
Le dossier de presse complet avec une interview de Leos Carax et quelques clés du film : http://www.filmsdulosange.fr/images/dp_holy_motors_fr.pdf

lundi 28 mai 2012

Quelques mots sur les films vus a Cannes

Renoir - Gilles Bourdos - Clôture "un certain regard" :
Un beau film un peu convenu sur la vie des Renoir, père et fils. La réunion de comédiens est aussi belle que la lumière et les costumes. On échappe également au typage "téléfilm France 3 gonflé en long-métrage" par la profondeur de sa réflexion et le talent de son casting. Malgré quelques facilités, le film mérite le détour pour mieux saisir la complexité des jeux de pouvoirs au sein d'une famille d'artistes.

L'ivresse de l'argent (Do-nui mat) - Im Sang-Soo - Sélection officielle :
Fulgurance graphique (cadre, lumière et mouvements de caméra audacieux), parfum de scandale et chronique sociale du pouvoir pour cette chronique d'une famille de grands bourgeois coréens pour laquelle Im Sang-Soo emprunte ouvertement à Claude Chabrol. Quelques longueurs et des obsessions recurrentes agaçantes car déjà-vues, mais comme à chaque fois, le film est d'une intelligence et d'une tenue trop rare pour ne pas être appréciée.

Maniac - Franck Khalfoun - Hors compétition :
Une séance cannoise d'un film d'horreur réalisé par un francais ? La proposition a comme un parfum decalé, celui du métafilm de la cité de la peur, Red is dead ("Remboursez nos invitations..."). Pourtant, étonnament, même dans le genre ultra-codifié du film d'horreur de serie B auquel "Maniac" rends hommage (à un film éponyme plus ancien, sorti en 1980), Frank Khalfoun, son réalisateur arrive à innover (caméra subjective, flash-backs et cauchemars très graphiques, etc...), solidement aidé par l'expérience d'Alexandre Aja, l'inquiétante ambivalence d'Elijah Wood et la "force de frappe" financière de Thomas Langman. Le film fonctionne bien et ravira les amateurs du genre, se laissant regarder comme une curiosité par les autres.

Holy motors - Leos Carax - Sélection officielle
Carax signe encore un chef d'oeuvre. Du transcendant au dérisoire, de l'hyper-actualité à la désuétude la plus tragique, Carax embrasse tout avec le meme intensité dans ce film parisien mais généreux. Le geste aurai mérité une récompense, ne serai-ce que pour sa liberté. La liste des moments rares serai trop longue. Courez le voir cet été !

Post tenebras Lux - Carlos Reygadas - Sélection officielle :
L'image carrée apparait sur l'écran, une petite fille au milieu d'un champs nous perce les oreilles. La mise en scène audacieuse de Reygadas ferai presque passer Tree of life pour un film lisible. On pense aux experimentations de Sokourov dans Faust, tant la narration, la temporalité et le point de vue fonctionne différemment que dans les autres films. A voir l'esprit reposé, pour l'expérience, sinon migraine et sieste assurée (comme votre serviteur).

Mud - Jeff Nichols - Sélection officielle :
Des enfants matures et pragmatiques face a l'adversité et a la marginalité dans un environnement rural pauvre, c'était également déjà le cadre des Géants de Bouli Lanners l'année dernière. Dans l'Arkansas, et encadré par trois roles adultes efficaces (Matthew Mcconaughey, Reese Witherspoon, Sam Shepard), les deux pré-ados de Mud (Tye Sheridan et Jacob Lofland) sont étonnant de justesse dans leur jeu pour un scénario qui pousse leur capacité d'action jusqu'à la limite de la crédibilité. Reste un film reposant, beau dans ses dialogues, ses idées et ses images.

Des hommes sans loi (Lawless) - John Hillcoat - Sélection officielle :
Apres l'Arkansas de Mud, voici la Georgie de Lawless. L'essentialisme parcourt ces deux films fascinés par la nature et ceux qui y survivent. Ici, il est question d'une fratrie de bootlegger pendant la prohibition, forcée de se défendre contre les malfrats et la police spéciale, tout deux venant de Chicago. Lawless est donc un film de gangster déplacé à la campagne. La sensibilité à l'espace s'inscrit d'ailleurs dès le debut de ce quasi-western très typé US mais pourtant réalisé par un australien. Justement, certains stéréotypes américains du comportement des personnages les desservent un peu, là où un étrange mais bienvenu second degré parcours ce film un peu long mais tres immersif, notamment grâce à ses cadrages et ses décors, costumes, accessoires mais aussi avec la conviction de ses acteurs.

Thérèse Desqueyroux - Hors compétition - clôture :
L'intériorité de Claude Miller perdure même dans cet ultime le film. Aussi lourd et tragique que le roman de Francois Mauriac, le film retrace la vie d'une nouvelle mariée (plus tout à fait jeune justement) dont le rôle va magnifiquement bien à Audrey Tautou. A voir pour decouvrir l'univers de Mauriac plus que celui de Miller, le film a sa place comme le film de clôture d'un grand festival et d'un grand cineaste (voir ou revoir Garde à vue ou plus récemment Un secret pour s'en convaincre).

samedi 28 avril 2012

Tron, l'arcade expressionniste

Prise sur Wikipedia.org
Et si Tron, le film précurseur des effets speciaux numériques  était en fait le chant du cygne d'un courant plus ancien ?
Le film de Steven Lisberger est d'abord un film maudit. Compliqué et cher à élaborer, boudé à sa sortie par le public US et ignoré en Europe, il a acquérit depuis près de 20 ans, un statut de film culte.
Paradoxalement, c'est autant pour ses clins d'oeils informatiques (l'univers des mots de passes, des entités virtuelles hierarchisées, des memoires vives ou mortes et des octets...) que pour son aspect analogique (la musique au synthétiseur et l'incrustation fantomatique des personnages filmées en 35mm au milieu d'images digitalisées) que le film a gagné ses galons.
Pourtant, au delà de l'univers très immersif (comme celui d'un jeu video dont il partage les moyens de productions) et d'un réseau de références, le film en appelle a des ressorts plus universels qui le rendent intemporel. L'univers informatique se trouve alors redoublé par celui du conte, et au-delà, celui du mythe (le bien, ecrasé par le poids de son identité et de ses croyances defendu par une sorte de messie face au mal, à l'identité multiple et changeante, avide de conquète et d'asservissement, un peu comme dans La chanson des Nibelungen). Le genre fantastique est aussi très present dans Tron dès la scène de la dématérialisation de l'orange, puis du héros, mais egalement dans l'imagerie : Voilier spatial, costumes dessinés par Moebius, véhicules conçus Syd Mead ("visual futurist" de Blade Runner) etc...
Mais, selon moi, Tron est surtout le dernier grand film expressioniste. Apparu en Allemagne au début des années 1920, ce courant de films muets trans-genre (fantastique avec Le Testament du Docteur Mabuse, Metropolis (Tout deux de Fritz Lang) ou Le cabinet du Docteur Caligari (Robert Wiene), policier avec M le maudit (Fritz Lang), dramatique avec Tabou (F.W. Murnau)...) qui mise sur l'expressivité des acteurs, le clair obscur dans les decors et les effets de profondeur résume, en somme, tout Tron.
Avec sa facture ultra-moderne toujours cohérente aujourd'hui (A peine dépoussiérée pour Tron héritage)  le film pourrai passer pour un film moderniste voir ultra-moderne. Il est, en realité, tourné vers le passé.
Son histoire est celle d'un changement de paradigme, celui décadent qui a prévalu à l'évolution des logiciels informatiques : du distribué libre au centralisé controlé.
Le heros, Flynn, magnifiquement interprété par un Jeff Bridges à la voix et au physique généreux et ample est un personnage entre deux eaux, plus coincé entre ces deux paradigmes que dans un ordinateur. Il évoque la nostalgie de l'ancien système et sa liberté "toujours déjà" perdue.
La collusion entre système humain et informatique est à son comble dans Tron. C'est peut-être là que réside son idée la plus visionnaire : les actes informatiques, tout dématérialisés qu'ils soient, restent des actes.
Tron, en bon grand-père du cinema en synthèse nous donne donc une importante leçon pour les mondes virtuels actuels et à venir.

Tita-numérique...

Image prise sur http://www.realbollywood.com/

Quel intérêt de revoir Titanic 15 ans après ? En 3D, de surcroit ?
Pour les gens de moins de trente ans qui étaient adolescents à l'époque, la réponse est toute trouvée : la madeleine de Proust, les premiers émois amoureux.

Mais au-delà des fleurs bleues, quel choc cinémagraphique ! Il n'y a pas que le bateau éponyme qui soit hors de proportions. Le film de Cameron possède un souffle que même ses détracteurs ne peuvent ignorer, à la hauteur de l'engouement phénoménal des spectateurs de par le monde. (La ressortie du film vient d'ailleurs de passer cette semaine 25/04/2012, la barre du million de spectateurs en France).
Ce souffle, tiraillé parfois maladroitement entre mélo Sirkien et opéra à grand spectacle, s'exprime dans toute sa splendeur sur grand écran.

Quelle joie de redécouvrir (ou de découvrir, toujours le jeu des générations) les détails du film : la subtilité de son mixage (dans toute la première séquence notamment), ainsi que la beauté de ses costumes et décors avec la précision du numérique en grand large au Rex et non via le masque de l'écran cathodique. Le grain légèrement flou de la pellicule apparait d'ailleurs et, comme sur la ressortie de Star Wars Episode 1, on se met à imaginer une "douceur du 35mm", comme il y a une "chaleur du vinyl". Et la 3D? On visite les fonds marins comme la grotte des rêves perdus de Werner Herzog. L'interminable naufrage gagne en démesure et les transparences brillantes de la 3D conviennent bien aux saisissants effets spéciaux diurnes de Digital Domain.

Pour finir, les deux acteurs principaux ont évolués et revoir ce film donne vraiment l'impression de revoir les prémices de leur technique. On pleure, on rit, Titanic de James Cameron semble se bonifier avec l'âge et c'est la marque des grandes oeuvres...

Méli-mélo récupéré de mon ancien blog...



Niney sur le réel à l'écran...

http://books.google.fr/books?id=aJclx6vf854C&pg=PA154&lpg=PA154&dq=wiseman+ilot+montage&source=bl&ots=OIPc6XdNHH&sig=ZaLQktT5MbMLC1aJEWBnVJExFdQ&hl=fr&sa=X&ei=TL0XT-6NBYqv8gPf_92RCw&ved=0CCUQ6AEwAA#v=onepage&q=wiseman%20ilot%20montage&f=false

Le compositeur de la musique de "La ville Louvre"

Nicolas Philibert avait choisi Philippe Hersant :

http://www.philippehersant.com/

Superbe interview des Dardennes

Cliquez ici pour lire Du cinéma militant à la fiction, via le documentaire (Entretien avec Daniel Friedmann) - article ; n°1 ; vol.80, pg 175-182

Un film "droit de réponse" à Michael Moore

http://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Moore_Hates_America

Sur l'effet Koulechov, un pianiste...

Mario Litwin distingue dans le cinéma l'illusion de synthèse associative (deux événements suffisamment proches dans l'espace ou dans le temps se combinent pour constituer un nouvel événement dramaturgique de nature différente) et l'illusion d'intentionnalité, seule cette dernière constitue l'effet Koulechov. La première fait partie de la mécanique essentielle du montage cinématographique et existait déjà avant l'expérience de Lev Koulechov, alors que ce que le cinéaste russe a mis en évidence est la possibilité de donner une intention dramaturgique à une image suffisamment ambiguë qui se nourrit de la couleur émotionnelle d'une autre à laquelle elle est associée (Le Film et sa musique : création - montage).

Ciné concert scientifique

http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/rencontres-conferences/conferences/conferences-conservatoir/fiche-manifestation/filmer-vie-cinema-jean-comandon,13696.html

IBM - Lotus Symphony

http://www-03.ibm.com/software/lotus/symphony/home.nsf/home#page=1



La fameuse suite bureautique basée sur OpenOffice qui ressemble (et fait mieux que) Office 2007/2010...

Drive élu film de l'année sur VODkaster

Vraaaaoooom :

http://www.vodkaster.com/filmcup/tree-of-life-drive-2011



Piano et cinéma par VODkaster

http://www.vodkaster.com/actu-cine/Piano-et-cinema-1270

Théorie musicale...

La théorie musicienne d'Aristoxène résumée ici : http://www.entretemps.asso.fr/Nicolas/IM/I.1.Aristoxene.htm

Inspiré par la lecture du livre de Jacques Rancière, "Béla Tarr, le temps d'après" (au sujet des Harmonies Werckmeister, p 62.)

dimanche 22 janvier 2012

Män som hatar kvinnor : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes...

La critique du premier Millenium sortie de la naphtaline, tel que publiée en  Mai 2009 dans le journal de l'association cinéma de l'université Paris 7, Cinésept, à l'époque "Quartier libre".


"Une idée simple mais fausse aura toujours plus de poids dans le monde qu'une idée vraie mais complexe." Cette phrase de Tocqueville, Stieg Larsson, l’auteur de la trilogie Millenium, a dû la savoir à l'époque où il était plus connu pour son engagement contre l’extrème-droite en tant que journaliste.
Simple comme le mal peux l’être, complexe, comme le chemin pour retrouver un coupable, voilà jetée les fondations d’une histoire policière.
Son adaptation cinématographique ? Pas révolutionnaire, même si la Suède ajoute un parfum inattendu. Outre les paysages enneigés et la beauté de la langue, les acteurs, la musique et la montage, tout trois efficaces et bien sentis « règle la question » cinématographique assez vite.

Et pourtant, même cinéphile et sans avoir lu la trilogie, la fascination pour Millenium opère.
Tous ces personnages sont habités et finissent par nous habiter. Ils sont issus de la modernité et c’est sûrement ce qui les rapproche de nous. Ils se servent d’ordinateurs, de téléphones portables, les coupent quand ils ne veulent plus être dérangé. Comme dans The Chaser, autre polar moderne, sud-coréen cette fois, la zone où le portable ne passe pas est celle ou le crime s’opère…

Mais les deux personnages principaux sont au cœur de ce sentiment de modernité :

Michael Nikvist joue Mikael Blomkvist, journaliste suédois populaire engagé mis à mal par la justice, comme en son temps, l’auteur, Stieg Larsson.
Appelé à la rescousse par le patriarche d’une famille d’industriels suédois pour résoudre un vieux crime, le journaliste se fait détective.
Ce « nice guy » à la suédoise, sera épaulé dans sa quête de vérité par une jeune femme, Lisbeth, pas franchement glamour, punkette et énigmatique, d’un « féminisme brutal », comme l’écris Florence Aubenas dans une chronique du Nouvel Obs au sujet de Millenium. Elle est incarnée par une courageuse débutante, Noomi Rapace (ça ne s’invente pas…), qui a prêté corps et âme (piercing, boxe, moto) à ce premier rôle.
Le tandem est déroutant, épatant, se cherchant autant l’un l’autre que la résolution de l’énigme, chacun amenant sa conception de l’enquête et ses solutions techniques ou humaines. Ils sont différents mais ils ont tout deux quelques chose à racheter, et en premier lieu, leur honneur bafoué.
Alors bien sûr, la perversité de la violence du film fascine. La maladie d’Asperger (le syndrome du geek) qui affecte Lisbeth est une facétie d’écriture. Le journaliste Blomkvist est un monument de « bien-pensance » de gauche. Oui, mais l’essentiel est là, la mayonnaise prends, le film marche et il s’agit là du meilleur film policier européen que j’ai vu depuis bien longtemps.

mercredi 11 janvier 2012

The Blenheim gang

Avec son nom inspiré du château qui vit naître Churchill (à moins que ça ne soit en référence au bombardier de RAF Bristol Blenheim, ou plus sûrement à cet improbable coupé britannique), le gang se veut exclusif, mais avec un esprit d'ouverture, snob mais piquant, un peu Boris Vian sur les bords ?

Textes incisifs, images choisies avec goût, le site des youngtimers (jeunes collectionneurs, variation sur le terme "oldtimer", en usage en Europe et signifiant collectionneur automobile) du Blenheim gang sait défendre des modèles rares (Reliant Scimitar), récents (BMW Z3) ou injustement relégués aux oubliettes (Renault Avantime) tout en faisant preuve d'un sens de la typologie peu commun. Un site à surveiller :
http://www.blenheimgang.com/

Morissette Racing


Le blog d'un francophone féru d'automobile de collection souvent présent à tout les évènements marquants du petit monde de la collection. Comme le don d'ubiquité n'existe pas, un petit tour de temps en temps permet de se maintenir informé en textes précis et en belles images :

http://morrissetteracing.wordpress.com/

Top Gear, assiette anglaise de l'automobile...

Source : blogautomobile.fr

Quand l'excentricité britannique se met au service de la meilleur émission automobile du monde, celà donne "Top Gear"... L'émission de la BBC ne se contente pas de l'actualité automobile comme tant d'autres (le poli Dominique Chapatte sur M6 Turbo de notre côté de la Manche) mais paye sur fonds publics et depuis 15 ans une équipe de spécialistes pour... relever les challenges mécaniques les plus tarabiscotés. Des exemples ?

-Une course de vitesse entre un avion de chasse et la voiture de série la plus puissante du monde...




-Un parcours urbain improbable à bord de la plus petite auto du monde :

http://www.youtube.com/watch?v=dJfSS0ZXY

-Une tentative (en quatres épisodes) pour rendre hors d'usage un 4x4 Toyota indestructible :

http://www.youtube.com/watch?v=xnWKz7Cthkk

-Une 2CV soufflée par un 747...

http://www.youtube.com/watch?v=ZJ9uWsvR1l0

-Mais aussi des bancs-d'essai de véhicules de collections, à commancer par la DS (qui montre que nos voisins britanniques n'en veulent particulièrement à Citroën, ou à la 2CV, et ne jurent pas que par la Rover P6...) :

http://www.youtube.com/watch?v=6gpUHtRVBn4
http://www.youtube.com/watch?v=RkRNsWnnKLI

Le site officiel de l'émission :

http://www.bbc.co.uk/topgear/