samedi 28 avril 2012

Tron, l'arcade expressionniste

Prise sur Wikipedia.org
Et si Tron, le film précurseur des effets speciaux numériques  était en fait le chant du cygne d'un courant plus ancien ?
Le film de Steven Lisberger est d'abord un film maudit. Compliqué et cher à élaborer, boudé à sa sortie par le public US et ignoré en Europe, il a acquérit depuis près de 20 ans, un statut de film culte.
Paradoxalement, c'est autant pour ses clins d'oeils informatiques (l'univers des mots de passes, des entités virtuelles hierarchisées, des memoires vives ou mortes et des octets...) que pour son aspect analogique (la musique au synthétiseur et l'incrustation fantomatique des personnages filmées en 35mm au milieu d'images digitalisées) que le film a gagné ses galons.
Pourtant, au delà de l'univers très immersif (comme celui d'un jeu video dont il partage les moyens de productions) et d'un réseau de références, le film en appelle a des ressorts plus universels qui le rendent intemporel. L'univers informatique se trouve alors redoublé par celui du conte, et au-delà, celui du mythe (le bien, ecrasé par le poids de son identité et de ses croyances defendu par une sorte de messie face au mal, à l'identité multiple et changeante, avide de conquète et d'asservissement, un peu comme dans La chanson des Nibelungen). Le genre fantastique est aussi très present dans Tron dès la scène de la dématérialisation de l'orange, puis du héros, mais egalement dans l'imagerie : Voilier spatial, costumes dessinés par Moebius, véhicules conçus Syd Mead ("visual futurist" de Blade Runner) etc...
Mais, selon moi, Tron est surtout le dernier grand film expressioniste. Apparu en Allemagne au début des années 1920, ce courant de films muets trans-genre (fantastique avec Le Testament du Docteur Mabuse, Metropolis (Tout deux de Fritz Lang) ou Le cabinet du Docteur Caligari (Robert Wiene), policier avec M le maudit (Fritz Lang), dramatique avec Tabou (F.W. Murnau)...) qui mise sur l'expressivité des acteurs, le clair obscur dans les decors et les effets de profondeur résume, en somme, tout Tron.
Avec sa facture ultra-moderne toujours cohérente aujourd'hui (A peine dépoussiérée pour Tron héritage)  le film pourrai passer pour un film moderniste voir ultra-moderne. Il est, en realité, tourné vers le passé.
Son histoire est celle d'un changement de paradigme, celui décadent qui a prévalu à l'évolution des logiciels informatiques : du distribué libre au centralisé controlé.
Le heros, Flynn, magnifiquement interprété par un Jeff Bridges à la voix et au physique généreux et ample est un personnage entre deux eaux, plus coincé entre ces deux paradigmes que dans un ordinateur. Il évoque la nostalgie de l'ancien système et sa liberté "toujours déjà" perdue.
La collusion entre système humain et informatique est à son comble dans Tron. C'est peut-être là que réside son idée la plus visionnaire : les actes informatiques, tout dématérialisés qu'ils soient, restent des actes.
Tron, en bon grand-père du cinema en synthèse nous donne donc une importante leçon pour les mondes virtuels actuels et à venir.

Tita-numérique...

Image prise sur http://www.realbollywood.com/

Quel intérêt de revoir Titanic 15 ans après ? En 3D, de surcroit ?
Pour les gens de moins de trente ans qui étaient adolescents à l'époque, la réponse est toute trouvée : la madeleine de Proust, les premiers émois amoureux.

Mais au-delà des fleurs bleues, quel choc cinémagraphique ! Il n'y a pas que le bateau éponyme qui soit hors de proportions. Le film de Cameron possède un souffle que même ses détracteurs ne peuvent ignorer, à la hauteur de l'engouement phénoménal des spectateurs de par le monde. (La ressortie du film vient d'ailleurs de passer cette semaine 25/04/2012, la barre du million de spectateurs en France).
Ce souffle, tiraillé parfois maladroitement entre mélo Sirkien et opéra à grand spectacle, s'exprime dans toute sa splendeur sur grand écran.

Quelle joie de redécouvrir (ou de découvrir, toujours le jeu des générations) les détails du film : la subtilité de son mixage (dans toute la première séquence notamment), ainsi que la beauté de ses costumes et décors avec la précision du numérique en grand large au Rex et non via le masque de l'écran cathodique. Le grain légèrement flou de la pellicule apparait d'ailleurs et, comme sur la ressortie de Star Wars Episode 1, on se met à imaginer une "douceur du 35mm", comme il y a une "chaleur du vinyl". Et la 3D? On visite les fonds marins comme la grotte des rêves perdus de Werner Herzog. L'interminable naufrage gagne en démesure et les transparences brillantes de la 3D conviennent bien aux saisissants effets spéciaux diurnes de Digital Domain.

Pour finir, les deux acteurs principaux ont évolués et revoir ce film donne vraiment l'impression de revoir les prémices de leur technique. On pleure, on rit, Titanic de James Cameron semble se bonifier avec l'âge et c'est la marque des grandes oeuvres...

Méli-mélo récupéré de mon ancien blog...



Niney sur le réel à l'écran...

http://books.google.fr/books?id=aJclx6vf854C&pg=PA154&lpg=PA154&dq=wiseman+ilot+montage&source=bl&ots=OIPc6XdNHH&sig=ZaLQktT5MbMLC1aJEWBnVJExFdQ&hl=fr&sa=X&ei=TL0XT-6NBYqv8gPf_92RCw&ved=0CCUQ6AEwAA#v=onepage&q=wiseman%20ilot%20montage&f=false

Le compositeur de la musique de "La ville Louvre"

Nicolas Philibert avait choisi Philippe Hersant :

http://www.philippehersant.com/

Superbe interview des Dardennes

Cliquez ici pour lire Du cinéma militant à la fiction, via le documentaire (Entretien avec Daniel Friedmann) - article ; n°1 ; vol.80, pg 175-182

Un film "droit de réponse" à Michael Moore

http://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Moore_Hates_America

Sur l'effet Koulechov, un pianiste...

Mario Litwin distingue dans le cinéma l'illusion de synthèse associative (deux événements suffisamment proches dans l'espace ou dans le temps se combinent pour constituer un nouvel événement dramaturgique de nature différente) et l'illusion d'intentionnalité, seule cette dernière constitue l'effet Koulechov. La première fait partie de la mécanique essentielle du montage cinématographique et existait déjà avant l'expérience de Lev Koulechov, alors que ce que le cinéaste russe a mis en évidence est la possibilité de donner une intention dramaturgique à une image suffisamment ambiguë qui se nourrit de la couleur émotionnelle d'une autre à laquelle elle est associée (Le Film et sa musique : création - montage).

Ciné concert scientifique

http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/rencontres-conferences/conferences/conferences-conservatoir/fiche-manifestation/filmer-vie-cinema-jean-comandon,13696.html

IBM - Lotus Symphony

http://www-03.ibm.com/software/lotus/symphony/home.nsf/home#page=1



La fameuse suite bureautique basée sur OpenOffice qui ressemble (et fait mieux que) Office 2007/2010...

Drive élu film de l'année sur VODkaster

Vraaaaoooom :

http://www.vodkaster.com/filmcup/tree-of-life-drive-2011



Piano et cinéma par VODkaster

http://www.vodkaster.com/actu-cine/Piano-et-cinema-1270

Théorie musicale...

La théorie musicienne d'Aristoxène résumée ici : http://www.entretemps.asso.fr/Nicolas/IM/I.1.Aristoxene.htm

Inspiré par la lecture du livre de Jacques Rancière, "Béla Tarr, le temps d'après" (au sujet des Harmonies Werckmeister, p 62.)